25.01.09
Le samedi soir quand la tendresse s'en va tout seule.
Avec le temps, va, tout s’en va
Avec le temps, va, tout va bien
Mais ici, chaque pièce a gardé sa place, l’échiquier n’a pas été rangé ni la partie achevée. Il ne s’agit pas de souvenirs, de nostalgie, non. Les sentiments sont frais, verts, brillants ; le bleuté de ses yeux ne s’estompe, ses mèches brunes volent au vent, sous la tempête, comme avant, hier, à jamais. Je ne suis pas lassée, je ne suis pas confortable, et son lit non plus. Une soirée de plus, avortée par la culpabilité –la peur de la voir revenir. Mais rien ne cède sous les insultes, les larmes, la volonté d’acier. C’est que cela s’effrite, à mesure qu’il rapproche ses mains des miennes, et le baiser dans le cou. Collier autour, collet serré. Il ne m’aime pas, et il m’embrasse, et il est là, chaque jour, tellement là –si peu. Je ne l’ai pas, un livre inaccessible en haut d’une étagère, et tu t’efforces de te grandir, pointes des pieds tendues, bras étirés à outrance, soubresauts désespérés. Et tu y crois, tu y crois, tu y crois. Te résoudre à laisser ce bouquin en haut, sans toi, te déchire. Alors tu lis les livres à ta portée, tu te persuades que cela te suffit, suffira.
Tu y crois, tu recommences. Tu n’avances pas, tu régresses. Tu veux ta maman.
